ritta parmi les bombes

Pigeons


 

Jamais je ne sus les pigeons pourquoi sur moi se posent

Farcis de restes qu’ils nomment amour

 

L’arbre dont je suis l’ombre est vieux

Allongée je flotte

Là où lui droit dure

 

Pigeons tremblants au fin bout de la branche

Organes imaginaires d’une douleur enfantine

 

Chant fusant des anciennes vies de l’arbre

Les pigeons gros ont peur de grandir

 

Ce pain pris je l’effrite sur place

Soleil Où

Viennent se brûler de l’aile battant les avions

Contre les hublots pressés des visages

Me picorent les mains me querellent

 

Regarde tout au fond des pupilles qu’ils froncent

 

Une chute taillée vive dans le sanglot

 

 

Quand l’arbre finit le ciel commence

 

2/06/2011 - 14:46 - commentaires {2} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Terreur Asie


Terreur Asie remue

Terreur sa toux transperce

Corps incontinent

Tes dieux errants ont les vastes plages pour paupières

Tes noms en lambeaux cherchent reconnaissance

Ton silence irradie le soleil

 

17/03/2011 - 14:32 - commentaires {1} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Gemmayzé 1983 ou Jardin Derrière


Elle n’est pas cadenassée. La grille. Elle est entrouverte. Que la main pousse et les herbes hautes résistent. Elles sont hautes les herbes. Et fines. Elles veulent traverser la grille et le couloir orné de dalles larges superbes, dévaler l’entrée de l’immeuble pour atteindre la rue. Elles veulent s’élancer follement par la ville. Certaines tenteront l’altitude et prendront racine sur les pentes dures. Certaines glisseront en silence au devant de l’immeuble. Trouvant la veine qui fuit les gerbes serrées des bâtisses, elles verront vite la mer. Elles avanceront ainsi jusqu’à la plage proche et s’étendront vers les fonds où les herbes dansent lascives. J’ai trois ans. Je regarde à travers les barreaux de la grille. Elle est rousse et son métal a une odeur acerbe, dissoute par les effluves de l’arrière jardin. Je l’appelle donc le jardin derrière. Parce qu’il se cache dans le dos de l’immeuble. Il faut pouvoir entrer dans l’immeuble pour trouver la grille. J’aurai eu plus de trois ans que je l’appellerai l’aisselle. Elle croît entre deux immeubles que les bombes peuvent à tout moment rabattre l’un sur l’autre ; alors quelques poils dépasseraient peut-être par les replis du bras accolé à la côte. Belle sueur. Quand l’humidité et l’ombre du dos de l’immeuble se mélangent à la fraîcheur des herbes hautes. Je laisse mon corps peser un peu plus sur la grille. Son grincement se disperse dans l’épaisseur des herbes. La forêt d’insectes qui foisonne secrète à l’intérieur. Le vent tord les herbes à tout sens. Hautes et bleues. Je tends un bras à travers la grille. Qu’il se couvre de sel. Sa peau piquée par le nez des herbes, léchée par leur envers doucement collant. Mon bras il se tend mieux et c’est la peau toute que les herbes fouettent. Le bras il s’explose que les doigts sont herbes dans les hautes herbes.

14/12/2010 - 19:15 - commentaires {1} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

"Je reviens" ou des doigts d'été sur la joue d'hiver

- « Je reviens ». Je dis et je sors en refermant la porte. Il fait encore très chaud. La mer étincelle. A cette heure, elle ne peut rien faire d’autre. Elle étale la lumière. La plage est bondée de parasols colorés et les baigneurs grouillent au bord de l’eau. Là où aisément ils ont encore pied. Je marche tranquillement jusqu’à ce que mon corps soit entièrement immergé. Les galets lisses et gros éveillent un filet de douleur sous mes pas. Lorsqu’il ne reste que ma tête à la surface, je regarde en direction de la maison. Elle est sur la véranda. Je lui fais un signe de la main. Elle ne le remarque pas. Le regard perdu, elle porte lentement, comme à son habitude, sa tasse de thé aux lèvres. C’est la dernière image que je garde du sol ferme, de cet après-midi. Je nage. Agressive et rapide. La profondeur de l’eau et le flux doux des vagues atténuent mes coups de hache. Quand la fatigue me gagne, je fais la planche. Abandonnée à la mer. Elle porte la pesanteur de mon existence, sans que cela n’affecte son mouvement. Des bruits sourds du monde sous-marin bouchent mes oreilles. Ma mémoire s’est tue. Je ne sens rien. Sauf une légère tension dans le cou. Je ne suis rien. Fondue dans la cassure d’écume. La lumière violente sature mes paupières closes. Je reprends la nage. Mes jambes perçoivent par moments d’invisibles créatures qui se pressent à ma peau. Non rien. Pas peur du ventre de la mer. Devant moi et tout autour, il y a le bleu. Je pourrais avancer ainsi jusqu’au lever du jour. Il n’ y aurait que du bleu. Nul navire, nulle barque de pêcheur. Nulle île. Je ne fais qu’avancer. C’est un acte de courage et de solitude dans le vent qui s’est refroidi. Bientôt, je ne pense plus. Conscience aiguë de chacun de mes mouvements. Sentiment que rien n’arrête ma progression puisque l’horizon recule.

6/12/2010 - 14:22 - commentaires {1} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

RoMania


   Transylvanie
Gare pluvieuse
 
Dos tourné au quai
Je me souviens des trains
 
Verte très verte lenteur
Humides ils parcourent les forêts
 
La pluie voyage au fond des chaussures
 
La pluie agit
Et fait dévier les rêves
 
Où nul chemin de fer ne conduit au passé
 
Un pays entré entier dans mon sommeil
 
   Le jardin de Géza
L’eau du ciel tombée toute
Dans ce jardin
 
J’y ai bu la chute
 
Pluie en bouche
Je tiens le parfum d’une rose
 
   Hôtel Xemar
En rêve trop tard j’arrive
Spectacle très tôt fini
A temps seulement
Je suis pour le rêve
 
   Contrôle
Papiers d’identité
Un instant
Voici
Carte de séjour temporaire
Plutôt le passeport
Oui
Première fois
Ici

22/07/2010 - 10:51 - commentaires {2} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Ce paysage

 

Sorti du regard un paysage et à tâtons glisse

Pour tout te dire le chemin de la bouche est long

Nage en ce temps saturé

La rosée

Pas de caresse à toute allure et alors

Chut Un renne essoufflé se fige

Seulement

Quel paysage

 

 

17/04/2010 - 15:30 - commentaires {4} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Valse

 

Dormir en pleine lumière

d’un iceberg qui croule

l’orgasme congélateur et marques d’ustensiles sur la chair

mais tu n’appris jamais à lire à bouche ouverte

et nous sommes là où tu refermes le livre

De nuit tu achètes les odeurs sans te dissimuler

la rue a tous les noms et le vent

tortille le regard des valseurs au visage récent

les logos des nouveaux mondes brillent

et nous changeons de place

15/11/2009 - 21:55 - commentaires {5} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

La Coupe

 

 

Tu t’assois

Comment vas-tu

Et me brûle ça

La peau c’est le lierre derrière la fontaine

Qu’il déterre ses boutons le manque

Pour mes doigts répartir la poudre rose

Le soleil arrête

Je n’ai pas comme toi

Parfois il me faut la raison

Pour faire l’aller-retour

Chez moi

Tu t’assieds

J’ai envie de sortir

Quand le poème s’approche

Aller chez le coiffeur

Finalement

Je reste

Les petits ciseaux dans les cheveux

Des tiges plein le lavabo

Surtout les pointes je coupe

Puis donne à boire aux plantes

20/08/2009 - 15:19 - commentaires {3} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Visage


 

Ton sommeil soulève mon matin et marche

 

L’air   en semence suave se colle aux bras

 

Flambées narines le romarin

J’escalade la stridence et m’appuie

A tes lèvres

Falaise achève des mirages l’évanouissement

 

Gestes longs aveugles

 

 

Toi en ma raison percussions de silex

 

Où giclent ces muscles

La nature mue par delà ma serge de mots

 

Lagunes où paissent les rapaces

Aux lobes de mes oreilles tes yeux pendants

15/06/2009 - 13:24 - commentaires {1} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Livraison

 

Que la vie au bout du fil

 

Rumeur ininterrompue rien

J’admets la torsion du silence

 

Il est un passage

Bel égout violent le corps invariable

J’habite au 5

Son déguisement de chair

 

Intérieure je me sépare

Muqueuse amertume morsure orifice

Pendue aux accents aïeuls

 

Je tète la mort

 

La mer faite mur

M’y adosser déserte

Mirage me fusille

 

L’instant m’atteint au fond du nez

Je suis oasis

Agenouillée je tends ses savates au temps

Il m’arpente

Ici dissimule une retraite neuve

 

J’enserre la température

Elle tombe avec moi

Au dehors

 

Jours emmêlés que j’enfile au lever

 

Les saisons font la queue devant la porte

15/05/2009 - 12:54 - commentaires {6} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Après tu préfères ma photographie


 

L’Atlantique m’a pris de suivre son sable et marcher sous l’eau

 

Franc-tireur visé la voix

Criblée de trous elle est toute dans ma bouche ses pieds dansent dessus l’estomac

Tu fais-en ton masque

 

Sous mes pas les dalles du désir craquent

 

Mes pieds glaçons ne fondent

 

En tout tu lis ton nom

Les rideaux à ta fenêtre sont mes livres clos

 

Attente me tend l’extrémité de sa laisse

Pourquoi moi dans ton poumon ?

 

Du haut du tremplin de ma chair tu plonges

Mon chant pleure aux frontières

 

Noir durant me serre ton refus

Et lundi aura franchi le fossé des corps parallèles raturent l’infirme théorie du jeu

 

Emietté au gosier de ta rue mon rire piège les pigeons

 

Chambre aveugle tu me maintiens étrangère sous la surface de l’eau

La mort me développe

26/03/2009 - 11:35 - commentaires {6} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Ici là-bas


Les dates de lectures/interventions, mais aussi des extraits son et images sur:

http://www.myspace.com/rittabaddoura

 

1/03/2009 - 13:28 - commentaires {3} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Anatomie sonore


 

Ton silence hamac tendu entre mes deux oreilles

 

Tremblant à mon ciel il est nuage bavard

 

Sous ma main quelquefois ton silence comme mort

Je souffle sur ses cendres

 

J’étreins les bougies impatientes

 

Silence dédoublé en guerriers tant me repoussent aux rebords du rempart 

 

Tordant ma chevelure jusques parmi les oiseaux ce silence cerf-volant

 

De mon mouvement il est le satellite

Silence aveuglant par lequel tout appel perd son ombre

 

Regarde bien dedans mes yeux

Il est tilleul penché sur toi où dérivent nos partitions

 

Infidèles à la réalité visible nos peu de mots distillés pour le sens

 

A qui devient ce silence

Vaste vibratoire papillon à ma peau

22/02/2009 - 12:21 - commentaires {5} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Mousson


 

Bonheur du cerveau renversé désempli

Sous le poids de l’amour qui perd connaissance, Beyrouth s’allonge

 

Je loge entière en cette fosse déflagrant son front

 

Arène

Hésitation cingle la cohorte des mots

 

Contre son image, le temps se serre

Nos regards cuillers troublent la surface

Jaillissent ces cactus aux branches d’eau

 

Tes doigts dénoyautent l’étreinte je ne puis vaincre ce paysage

 

Je déroule ton oreille la plus longue

Ma chair toupie autour de nos squelettes

 

Beyrouth bat au gosier du vide

Nos peurs lacées par les lois du hasard

 

Ici ce n’est que pluie en conserve

Dit la forêt assise sur des banquettes de bois

 

Syllabes dissoutes par tout coquillage

Fin filet de salive délivre le baiser

 

Nos carcasses cognent le fond des abysses

 

Mémoire pilée en sachets que tu trempes à ma bouche

9/02/2009 - 02:01 - commentaires {2} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Lettre à lui

 

... alors tu déplies à l’infini ce papier et tu crois que c’est le temps. Tu nommes le temps poème.

J’écoute le pas possible...

2/02/2009 - 15:21 - commentaires {2} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Frappe


 

 

On frappe à la porte      La réalité exhale moins de parfum que la mort    Algues de la rencontre qui m’enveloppent   Je la griffe dans le dos  Qui est-ce     Saisir l’oreille la plus longue labyrinthe    L’alphabet où le kérosène ne peut prendre      Du regard le foutre invincible sur l’écran   J’appelle      Silence lubrifiant le mouvement des blindés    Ecarte un peu les jambes l’amour peut descendre    Coupole du crâne où tu enfonces tes cadavres   Soupçon d’éden scanné aux aéroports   J’ai vu sur le velours neuronal les traces de pouce  Passeports et obus enrobés de latex     J’attends personne qui frappe avant d’entrer    Dans le vide mes raisons je cloue en équilibre  A 958 palestiniens d’altitude   La porte ouvre le fond des abysses    On frappe      L’imagination l’alcool que je préfère

 

14/01/2009 - 17:24 - commentaires {10} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Blancheur Noirceur


 

Blanche heure du délire

Gaza

L’hiver sur toi a ouvert les robinets du feu

 

Nations en hibernation ralentissent les consciences

Garnissent les rayons au prix du silence de pensées d’occasion

Creusent une tranchée entre deux années où coucher ton absence

 

Gaza tu fraies l’effroi des frigidaires Tu respires

Et nourris à tes mamelles l’ennemi

Ta patience perce le trou qui acide sa tête

Ton lait est plus avide que son Plomb durci

 

Noire sœur du désir

Gaza

En tes hémorragies tu écoules la mort hors de ton corps

Tu la soumets à tes règles

Tu demeures là où l’origine se meurt par les racines

Pointées vers toi ce ne sont qu’épines de la fleur

7/01/2009 - 01:41 - commentaires {6} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Gaza loop

 

 

 

Qui sommes les déportés théoriques

Qui avons un drapeau pour couvrir nos corps

Qui habitons l’impression d’un pays sur photographie

Qui possédons la terre à l’envers par cimetière

Qui mordons la mémoire aux doigts de la répétition

Qui buvons la sueur indicible du deuil

Qui bouchons l’entonnoir de vive chair

Qui contrarions la vidange des veines

Qui marchons sur la disparition à dos d’âne

4/01/2009 - 18:58 - commentaires {2} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

Accidents

 

Paraissent éparses braises

De ma peau points de suspension

Que lire
Doigts dopés de distance

Qui vaille la paresse

Du deuil

Ce temps perdu le long de mon pare-brise

Les plages du monde ne combleraient un sablier

 

Touches de riz tari

J’écris des constellations comestibles

L’accident inaudible doublure d’arc-en-ciel

Au corps de Babel une porte seule est sans coloris

Oracle métallique tu brises des nuages la coque aux pointes du cheveu

Et te mords les ailes serpent plus pleines que paradis

Le temps fait la roue autour d’une pomme

25/12/2008 - 21:59 - commentaires {6} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

i


 

 

Détachés des branchages de la phrase

Lassés sur la mousse où la langue vague et dissout

Les mots débordent

 

Ecran-dieu me fixe et envahit mes yeux

Manège dont les chevaux de chair sont planètes

 

Le corps plein d’images

Je ne puis ni clore ni lever cet éventail de mots

Il est de lumière taillé

Tonnerre parmi les hautes fusées de soie

 

Bouche arrondie où niche le non

Depuis le long cordon de mots qui nous lie

J’ouïs

Le grincement du i

M’enserre le cerveau serpent inouï

30/11/2008 - 13:00 - commentaires {2} - Laisser un commentaire - Envoyer cet article

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