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| ritta parmi les bombes |
Sac poubelleMes cheveux attachés aux bleus cyprès, aux rochers qui paissent dans les prairies d’écume, aux villages éparpillés, aux fruits penchés vers les doigts ridés et qui tombent ; mes cheveux tremblantes marées, tendons nerveux liant mon souffle à l’or des genêts, aux paumes des figuiers, au silence odorant qui sûrement poignarde les armées géantes de poudre brûlée. Mes cheveux à l’infini ramifiés prolongent les poignets des enfants endormis sous leurs lits dentelles de béton, sous leurs rêves hachurés à l’encre d’acier, étroits visages verts et gris, petits pois écrasés par les matelas de pierre, grenades tatouées sous leurs sourcils étonnés; mes cheveux plantés dans le fumier ont pris d’assaut le sud. Et maintenant des mares de sang barrent le courant de mes pensées et le sud halète dans ma tête et si je la remue tout le temps c’est pour le bercer. Les plantes de mes pieds n’arrêtent pas de pousser, sur mes chevilles des oiseaux sont perchés dans leur hurlement immobile, et leur duvet déchu tapisse la douleur de défricher l’exil. Mes pieds poussent vers toi déjà il m’est difficile d’avancer, et pourtant j’aimerai danser en ces temps où mêmes les jours sont d’obscures vendanges, taper de mes pieds écraser tuméfier jusqu’au jus sucré le butin de la colère, briser piler les bracelets de vignes les seins de raisins noués à tes hanches Jérusalem, j’aimerai tant danser car je suis la mariée, mes villages en noces sont de noirs cimetières, les caveaux de mes proches sont des tonneaux de sang ardent. Comme un astre révélé par la combustion des éléments, mon corps se lève écartelé entre deux continents ; toutes ces terres paisibles s’étendant en dessous font d’étranges bûchers, ma peau lente ne finit pas de se séparer de mes os de se consumer et s’imprègne fossile sur la coquille des airs. D’être si loin de toi, je deviens quelquefois un inquiétant labyrinthe où les larmes mêmes sont dévorées par un monstre affligé. Lequel ? Mes pieds poussent vers toi, suivent les fines lueurs de l’amour qui suintent à travers tes cloisons d’arbres et de vent, tes cellules d’océans que les lunes tourmentent, tes îles habitées par des mangeurs indifférents. La nuit je suis fusée j’incendie une étoile en agonie et contemple à distance la douce rotation du présent. L’espace porte la terre comme un sac poubelle. 31/07/2006 - 19:05 - Laisser un commentaire - Envoyer cet articlePerles & Co : perles, accessoires & schèmas
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